{"id":573,"date":"2026-02-26T09:08:33","date_gmt":"2026-02-26T08:08:33","guid":{"rendered":"https:\/\/ia-actus.fr\/?p=573"},"modified":"2026-02-26T09:08:34","modified_gmt":"2026-02-26T08:08:34","slug":"nous-nen-sommes-quau-debut-le-pari-a-1-000-milliards-de-dollars-de-jensen-huang-qui-va-reinventer-leconomie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/2026\/02\/26\/nous-nen-sommes-quau-debut-le-pari-a-1-000-milliards-de-dollars-de-jensen-huang-qui-va-reinventer-leconomie\/","title":{"rendered":"Nous n&rsquo;en sommes qu&rsquo;au d\u00e9but \u00bb : le pari \u00e0 1 000 milliards de dollars de Jensen Huang qui va r\u00e9inventer l&rsquo;\u00e9conomie"},"content":{"rendered":"<h4>Jensen Huang, PDG de NVIDIA, vient de lancer un pari colossal : transformer 1 000 milliards de dollars d&rsquo;infrastructures informatiques pour propulser l&rsquo;IA au c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale. Une r\u00e9volution comparable \u00e0 l&rsquo;industrialisation du XIXe si\u00e8cle qui ne fait que commencer, selon le leader incontest\u00e9 des processeurs d&rsquo;intelligence artificielle.<\/h4>\n<h2>Pourquoi la d\u00e9claration de Jensen Huang compte<\/h2>\n<p>Lorsque Jensen Huang prend la parole, l&rsquo;industrie technologique mondiale retient son souffle. Et pour cause : le fondateur de NVIDIA dirige l&rsquo;entreprise qui \u00e9quipe plus de 80% des infrastructures d&rsquo;entra\u00eenement des mod\u00e8les d&rsquo;IA dans le monde. Ses processeurs graphiques (GPU) constituent le moteur invisible derri\u00e8re ChatGPT, Midjourney et des milliers d&rsquo;applications d&rsquo;intelligence artificielle qui transforment d\u00e9j\u00e0 nos quotidiens.<\/p>\n<p>Dans une d\u00e9claration r\u00e9cente rapport\u00e9e par Fox Business, Huang a affirm\u00e9 sans d\u00e9tour : \u00ab Nous n&rsquo;en sommes qu&rsquo;au d\u00e9but \u00bb. Cette phrase, loin d&rsquo;\u00eatre un simple slogan marketing, s&rsquo;accompagne d&rsquo;une pr\u00e9diction vertigineuse. Selon le PDG, environ 1 000 milliards de dollars d&rsquo;infrastructures de centres de donn\u00e9es \u00e0 travers le monde devront basculer du calcul traditionnel vers le calcul acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 pour r\u00e9pondre aux besoins exponentiels de l&rsquo;IA.<\/p>\n<p>Pour comprendre la port\u00e9e de cette affirmation, il faut la replacer dans une perspective historique. L&rsquo;adoption d&rsquo;Internet dans les ann\u00e9es 1990 a mis pr\u00e8s de quinze ans avant d&rsquo;atteindre une masse critique d&rsquo;utilisateurs. La r\u00e9volution industrielle du XIXe si\u00e8cle s&rsquo;est \u00e9tal\u00e9e sur plusieurs d\u00e9cennies avant de transformer radicalement les \u00e9conomies occidentales. L&rsquo;IA, selon Huang, suit une trajectoire similaire : nous sommes en 2025, et les dix \u00e0 vingt prochaines ann\u00e9es verront cette technologie s&rsquo;infiltrer dans chaque secteur, chaque processus m\u00e9tier, chaque interaction quotidienne.<\/p>\n<p>Ces 1 000 milliards de dollars ne repr\u00e9sentent pas uniquement l&rsquo;achat de nouvelles puces. L&rsquo;estimation englobe le remplacement massif de serveurs, la mise \u00e0 niveau des syst\u00e8mes de stockage, le renforcement des infrastructures r\u00e9seau, l&rsquo;installation de syst\u00e8mes de refroidissement ultraperformants et la construction de nouveaux centres de colocation. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est l&rsquo;architecture m\u00eame du num\u00e9rique mondial qui doit \u00eatre repens\u00e9e de fond en comble.<\/p>\n<h2>Le r\u00f4le du calcul acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 et des GPU dans l&rsquo;essor de l&rsquo;IA<\/h2>\n<p>Pour saisir pourquoi cette transformation est in\u00e9vitable, il faut comprendre la diff\u00e9rence fondamentale entre calcul traditionnel et calcul acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Les processeurs classiques (CPU) excellent dans l&rsquo;ex\u00e9cution s\u00e9quentielle de t\u00e2ches complexes : ils traitent les instructions une par une, avec une grande pr\u00e9cision. Les GPU, eux, ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us initialement pour afficher des graphismes en d\u00e9composant une image en millions de pixels trait\u00e9s simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>Cette capacit\u00e9 de traitement parall\u00e8le massif s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre exactement ce dont l&rsquo;intelligence artificielle avait besoin. L&rsquo;entra\u00eenement d&rsquo;un mod\u00e8le de langage comme GPT-4 n\u00e9cessite des milliards de calculs matriciels effectu\u00e9s simultan\u00e9ment sur des ensembles de donn\u00e9es gigantesques. Un CPU mettrait des ann\u00e9es \u00e0 accomplir ce qu&rsquo;un cluster de GPU modernes r\u00e9alise en quelques semaines. La diff\u00e9rence n&rsquo;est pas marginale : elle est de l&rsquo;ordre de 100 \u00e0 1000 fois plus rapide selon les applications.<\/p>\n<p>Les exemples concrets abondent. Dans le secteur automobile, les syst\u00e8mes de conduite autonome analysent en temps r\u00e9el les flux vid\u00e9o de dizaines de cam\u00e9ras pour prendre des d\u00e9cisions en millisecondes. Dans l&rsquo;industrie pharmaceutique, les GPU permettent de simuler des millions de combinaisons mol\u00e9culaires pour acc\u00e9l\u00e9rer la d\u00e9couverte de m\u00e9dicaments. Dans la finance, les mod\u00e8les de d\u00e9tection de fraude scrutent des millions de transactions simultan\u00e9ment pour identifier des anomalies imperceptibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il humain.<\/p>\n<p>Mais cette puissance a un prix. Un rack de serveurs \u00e9quip\u00e9s de GPU haut de gamme peut consommer jusqu&rsquo;\u00e0 40 kW, contre 5 \u00e0 10 kW pour un rack CPU traditionnel. Cette consommation \u00e9nerg\u00e9tique massive pose des d\u00e9fis consid\u00e9rables en termes d&rsquo;alimentation \u00e9lectrique et de refroidissement. Par ailleurs, l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me logiciel doit s&rsquo;adapter : CUDA, la plateforme propri\u00e9taire de NVIDIA, domine le march\u00e9 mais cr\u00e9e une d\u00e9pendance technologique. Enfin, la fabrication de ces puces ultraperformantes repose sur des processus de gravure extr\u00eamement complexes, concentr\u00e9s chez quelques acteurs comme TSMC, cr\u00e9ant des goulots d&rsquo;\u00e9tranglement dans la cha\u00eene d&rsquo;approvisionnement.<\/p>\n<h2>Impact attendu sur les centres de donn\u00e9es et l&rsquo;infrastructure<\/h2>\n<p>D\u00e9crypter le chiffre de 1 000 milliards de dollars n\u00e9cessite d&rsquo;examiner pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 ces investissements seront d\u00e9ploy\u00e9s. Environ 40% concerneront l&rsquo;acquisition de mat\u00e9riel GPU et de serveurs acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Un seul serveur \u00e9quip\u00e9 de 8 GPU NVIDIA H100 co\u00fbte entre 200 000 et 300 000 dollars. Les hyperscalers comme Microsoft, Google et Amazon pr\u00e9voient d&rsquo;installer des centaines de milliers de ces unit\u00e9s dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Viennent ensuite les infrastructures de stockage haute performance (20% des investissements), capables de fournir les donn\u00e9es aux GPU \u00e0 des vitesses ph\u00e9nom\u00e9nales. Les syst\u00e8mes NVMe et les r\u00e9seaux de stockage distribu\u00e9s deviennent la norme. La mise \u00e0 niveau des r\u00e9seaux internes repr\u00e9sente 15% suppl\u00e9mentaires : les interconnexions entre serveurs doivent atteindre des bandes passantes de 400 Gbps, voire 800 Gbps, pour \u00e9viter que le transfert de donn\u00e9es ne devienne le goulot d&rsquo;\u00e9tranglement.<\/p>\n<p>Le refroidissement et l&rsquo;alimentation \u00e9lectrique constituent un poste souvent sous-estim\u00e9 mais critique, repr\u00e9sentant 15% des co\u00fbts. Les syst\u00e8mes de refroidissement liquide remplacent progressivement l&rsquo;air forc\u00e9 traditionnel. Certains centres de donn\u00e9es explorent des solutions innovantes comme l&rsquo;immersion compl\u00e8te des serveurs dans des fluides di\u00e9lectriques pour dissiper la chaleur plus efficacement.<\/p>\n<p>Les 10% restants concernent les espaces physiques : construction de nouveaux data centers ou extension des installations existantes, souvent pr\u00e8s de sources d&rsquo;\u00e9nergie renouvelable pour limiter l&rsquo;impact environnemental.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences op\u00e9rationnelles sont consid\u00e9rables. Les d\u00e9partements IT doivent orchestrer une migration complexe, souvent en maintenant l&rsquo;existant en parall\u00e8le pendant plusieurs ann\u00e9es. Les comp\u00e9tences requises \u00e9voluent radicalement : les administrateurs syst\u00e8me traditionnels doivent se former aux architectures distribu\u00e9es, au MLOps, \u00e0 l&rsquo;orchestration de clusters GPU avec Kubernetes et des outils sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Un ordre de grandeur : un rack GPU consomme l&rsquo;\u00e9quivalent \u00e9lectrique de 30 foyers am\u00e9ricains. Un data center d&rsquo;envergure moyenne destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;IA peut n\u00e9cessiter une alimentation de 100 \u00e0 200 m\u00e9gawatts, l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une petite ville. Cette r\u00e9alit\u00e9 impose de repenser l&rsquo;implantation g\u00e9ographique des infrastructures en fonction de la disponibilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<h2>Vers une IA omnipr\u00e9sente : secteurs transform\u00e9s et impacts concrets<\/h2>\n<p>La vision de Jensen Huang va bien au-del\u00e0 des aspects techniques. Il pr\u00e9dit que chaque entreprise deviendra une \u00ab usine \u00e0 donn\u00e9es \u00bb, collectant, raffinant et mon\u00e9tisant l&rsquo;information de mani\u00e8re syst\u00e9matique. Cette transformation est d\u00e9j\u00e0 en cours dans plusieurs secteurs cl\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans la sant\u00e9, les syst\u00e8mes d&rsquo;analyse d&rsquo;imagerie m\u00e9dicale assist\u00e9s par IA d\u00e9tectent d\u00e9sormais des cancers avec une pr\u00e9cision sup\u00e9rieure \u00e0 celle de radiologues exp\u00e9riment\u00e9s. Des h\u00f4pitaux comme le Mayo Clinic d\u00e9ploient des mod\u00e8les capables d&rsquo;analyser des milliers de scanners quotidiennement, r\u00e9duisant les d\u00e9lais de diagnostic de plusieurs jours \u00e0 quelques heures. La m\u00e9decine personnalis\u00e9e, bas\u00e9e sur l&rsquo;analyse g\u00e9nomique acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par GPU, devient accessible \u00e0 une \u00e9chelle industrielle.<\/p>\n<p>L&rsquo;industrie manufacturi\u00e8re adopte massivement la maintenance pr\u00e9dictive. Des capteurs IoT collectent en continu des donn\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9tat des machines. Des mod\u00e8les d&rsquo;IA analysent ces flux pour pr\u00e9dire les pannes avant qu&rsquo;elles ne surviennent, optimisant les plannings de maintenance et r\u00e9duisant les arr\u00eats de production de 30 \u00e0 40% selon certaines \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Dans les transports, au-del\u00e0 des v\u00e9hicules autonomes, l&rsquo;IA r\u00e9volutionne la gestion des flottes et l&rsquo;optimisation logistique. UPS et DHL utilisent des algorithmes pour calculer en temps r\u00e9el les itin\u00e9raires optimaux de milliers de v\u00e9hicules, \u00e9conomisant des millions de litres de carburant annuellement.<\/p>\n<p>Le commerce \u00e9lectronique et la publicit\u00e9 num\u00e9rique exploitent l&rsquo;IA pour personnaliser chaque interaction. Amazon et Alibaba d\u00e9ploient des syst\u00e8mes de recommandation qui analysent des milliards de comportements d&rsquo;achat pour pr\u00e9dire avec une pr\u00e9cision croissante ce que chaque utilisateur ach\u00e8tera ensuite.<\/p>\n<p>Ces transformations ont un impact profond sur l&#8217;emploi. Les profils data scientists, ing\u00e9nieurs ML et architectes IA sont en tension extr\u00eame, avec des salaires d\u00e9passant fr\u00e9quemment 150 000 dollars annuels pour les profils exp\u00e9riment\u00e9s. Parall\u00e8lement, de nombreuses t\u00e2ches routini\u00e8res \u2013 saisie de donn\u00e9es, traitement de premier niveau du support client, analyse financi\u00e8re basique \u2013 s&rsquo;automatisent rapidement.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution cr\u00e9e un besoin massif de reconversion. Les entreprises qui r\u00e9ussiront cette transition seront celles capables de former leurs collaborateurs actuels aux nouveaux outils plut\u00f4t que de simplement remplacer les effectifs. Le risque de d\u00e9s\u00e9quilibre sectoriel est r\u00e9el : certaines r\u00e9gions et certains profils risquent d&rsquo;\u00eatre laiss\u00e9s pour compte si des politiques volontaristes de formation ne sont pas mises en \u0153uvre.<\/p>\n<h2>Analyse strat\u00e9gique : impact \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>Les implications strat\u00e9giques de cette transformation d\u00e9passent largement le cadre technologique. Sur le plan concurrentiel, les gagnants se dessinent d\u00e9j\u00e0. Les hyperscalers \u2013 Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud \u2013 investissent des dizaines de milliards annuellement pour construire l&rsquo;infrastructure IA de demain. Cette course cr\u00e9e une barri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e consid\u00e9rable pour les acteurs plus modestes.<\/p>\n<p>Paradoxalement, cette concentration ouvre aussi des opportunit\u00e9s pour les start-ups et \u00e9diteurs sp\u00e9cialis\u00e9s. L&rsquo;explosion de la demande cr\u00e9e des niches : optimisation de mod\u00e8les pour r\u00e9duire les co\u00fbts d&rsquo;inf\u00e9rence, plateformes no-code permettant aux non-sp\u00e9cialistes de d\u00e9ployer de l&rsquo;IA, solutions verticales ultra-sp\u00e9cialis\u00e9es par secteur. Le march\u00e9 global des logiciels et services IA pourrait atteindre 500 milliards de dollars d&rsquo;ici 2030.<\/p>\n<p>Les risques syst\u00e9miques et g\u00e9opolitiques sont consid\u00e9rables. La d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de TSMC pour la fabrication des puces les plus avanc\u00e9es cr\u00e9e une vuln\u00e9rabilit\u00e9 majeure. Environ 90% des processeurs logiques avanc\u00e9s (7 nm et moins) sont fabriqu\u00e9s \u00e0 Ta\u00efwan. Un conflit dans le d\u00e9troit de Ta\u00efwan pourrait paralyser l&rsquo;industrie technologique mondiale pendant des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis et l&rsquo;Europe ont pris conscience de cette fragilit\u00e9. Le CHIPS Act am\u00e9ricain injecte 52 milliards de dollars pour relocaliser la production de semiconducteurs. L&rsquo;Union Europ\u00e9enne d\u00e9ploie 43 milliards d&rsquo;euros avec des objectifs similaires. Mais rattraper l&rsquo;avance technologique de TSMC demandera au minimum cinq \u00e0 dix ans.<\/p>\n<p>Les contr\u00f4les \u00e0 l&rsquo;export se durcissent. Les \u00c9tats-Unis restreignent l&rsquo;exportation de GPU haute performance vers la Chine, tentant de ralentir les progr\u00e8s de P\u00e9kin en IA militaire. Cette fragmentation technologique pourrait aboutir \u00e0 deux \u00e9cosyst\u00e8mes parall\u00e8les incompatibles, avec des cons\u00e9quences profondes pour l&rsquo;innovation et le commerce mondial.<\/p>\n<p>La dimension environnementale devient centrale. Un data center IA de grande taille peut consommer autant d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 qu&rsquo;une ville de 100 000 habitants. Si cette consommation repose sur des \u00e9nergies fossiles, l&#8217;empreinte carbone de l&rsquo;IA pourrait annuler les gains d&rsquo;efficacit\u00e9 qu&rsquo;elle g\u00e9n\u00e8re ailleurs. Les leaders du secteur s&rsquo;engagent publiquement sur des objectifs carbone neutre, mais la r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle reste complexe.<\/p>\n<p>La r\u00e9gulation \u00e9merge progressivement. L&rsquo;AI Act europ\u00e9en \u00e9tablit un cadre pour l&rsquo;utilisation \u00e9thique de l&rsquo;IA. Des questions cruciales restent ouvertes : qui est responsable quand une IA m\u00e9dicale se trompe ? Comment garantir la protection des donn\u00e9es personnelles dans un monde o\u00f9 tout est analys\u00e9 en permanence ? Comment \u00e9viter les biais algorithmiques qui reproduisent ou amplifient les discriminations ?<\/p>\n<p>Pour les dirigeants, plusieurs recommandations strat\u00e9giques s&rsquo;imposent. Premi\u00e8rement, \u00e9laborer un plan de migration progressive plut\u00f4t que de tenter une transformation brutale. Deuxi\u00e8mement, r\u00e9aliser un audit \u00e9nerg\u00e9tique complet pour anticiper les co\u00fbts op\u00e9rationnels r\u00e9els. Troisi\u00e8mement, diversifier les partenariats fournisseurs pour limiter la d\u00e9pendance \u00e0 un \u00e9cosyst\u00e8me unique. Enfin, investir massivement dans la formation des \u00e9quipes, car la technologie n&rsquo;est rien sans les comp\u00e9tences pour l&rsquo;exploiter.<\/p>\n<h2>Ce qui nous attend vraiment<\/h2>\n<p>Le pari de Jensen Huang n&rsquo;est pas celui d&rsquo;un seul homme ou d&rsquo;une seule entreprise. C&rsquo;est le pari collectif d&rsquo;une industrie qui reconstruit l&rsquo;infrastructure m\u00eame de l&rsquo;\u00e9conomie num\u00e9rique. La comparaison avec la r\u00e9volution industrielle n&rsquo;est pas exag\u00e9r\u00e9e : tout comme l&rsquo;\u00e9lectrification a transform\u00e9 chaque aspect de la soci\u00e9t\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, l&rsquo;IA est destin\u00e9e \u00e0 devenir une ressource aussi fondamentale que l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais cette r\u00e9volution s&rsquo;accompagne de d\u00e9fis consid\u00e9rables. La concentration du pouvoir technologique entre quelques mains, les tensions g\u00e9opolitiques autour des cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement, l&#8217;empreinte environnementale croissante et les questions \u00e9thiques non r\u00e9solues constituent autant de risques syst\u00e9miques.<\/p>\n<p>Les 1 000 milliards de dollars dont parle Huang ne sont qu&rsquo;une estimation. La r\u00e9alit\u00e9 pourrait largement d\u00e9passer ce chiffre si l&rsquo;adoption s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re ou si de nouvelles applications impr\u00e9vues \u00e9mergent. \u00c0 l&rsquo;inverse, des contraintes \u00e9nerg\u00e9tiques ou r\u00e9glementaires pourraient ralentir cette transformation.<\/p>\n<p>Une chose est certaine : nous sommes \u00e0 l&rsquo;aube d&rsquo;une d\u00e9cennie d\u00e9cisive. Les entreprises, les gouvernements et les individus qui comprendront les enjeux et s&rsquo;adapteront rapidement b\u00e9n\u00e9ficieront d&rsquo;avantages comp\u00e9titifs massifs. Les autres risquent d&rsquo;\u00eatre marginalis\u00e9s dans une \u00e9conomie o\u00f9 l&rsquo;intelligence artificielle sera aussi indispensable que l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 Internet l&rsquo;est devenu.<\/p>\n<p>Pour approfondir cette transformation, plusieurs pistes m\u00e9ritent investigation : des interviews d\u00e9taill\u00e9es avec les \u00e9quipes d&rsquo;infrastructure des g\u00e9ants du cloud permettraient de comprendre concr\u00e8tement comment s&rsquo;op\u00e8re cette migration. Des \u00e9tudes de cas d&rsquo;entreprises traditionnelles ayant bascul\u00e9 vers des architectures GPU r\u00e9v\u00e9leraient les d\u00e9fis op\u00e9rationnels r\u00e9els. Enfin, une enqu\u00eate approfondie sur l&rsquo;impact environnemental des nouveaux data centers, comparant promesses et r\u00e9alit\u00e9 mesur\u00e9e, s&rsquo;impose pour \u00e9valuer la soutenabilit\u00e9 de cette r\u00e9volution annonc\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jensen Huang, PDG de NVIDIA, vient de lancer un pari colossal : transformer 1 000 milliards de dollars d&rsquo;infrastructures informatiques pour propulser l&rsquo;IA au c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale. Une r\u00e9volution comparable \u00e0 l&rsquo;industrialisation du XIXe si\u00e8cle qui ne fait que commencer, selon le leader incontest\u00e9 des processeurs d&rsquo;intelligence artificielle. Pourquoi la d\u00e9claration de Jensen Huang [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":577,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-container-style":"default","site-container-layout":"default","site-sidebar-layout":"default","disable-article-header":"default","disable-site-header":"default","disable-site-footer":"default","disable-content-area-spacing":"default","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-573","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers-ia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=573"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":578,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573\/revisions\/578"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/577"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ia-actus.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}